Il pleuvait beaucoup aux abords de Valence après la 17e étape du Tour de France, en juillet. Après plusieurs jours de chaleur écrasante, le ciel s’était soudain assombri sur les collines de l’Ardèche ; si la vie réelle était une rédaction d’anglais au lycée, tout le monde aurait parlé de pathetic fallacy, cette idée que la météo reflète les émotions humaines. La plus grande course cycliste du monde a cette habitude de ramener tout le monde sur terre, au sens propre comme au figuré : la majesté du mont Ventoux, la veille, avait laissé place à un sprint sur une route principale bordée de bâtiments gris.

Le sentiment de malaise s’est accentué à cause du chaos à l’arrivée : un plaisantin avait réussi à s’introduire sur le parcours, et une chute dans le dernier kilomètre avait réduit le peloton à une poignée de coureurs disputant la victoire, finalement remportée par Jonathan Milan.
Au milieu de cette pluie battante, de cette étape peu inspirante, et de cet homme essayant de rouler sur le parcours pour gagner quelques “likes” sur les réseaux sociaux, il n’est peut-être pas surprenant que personne n’ait remarqué ce que faisait Tadej Pogačar, le maillot jaune. Il a terminé 27e, sans encombre, a rempli ses obligations d’homme de tête du classement général, y compris une de ces conférences de presse où les deux parties ressortent frustrées — et l’histoire s’est arrêtée là.
Ou du moins, c’est ce que l’on croyait. Dans une interview cette semaine, son coéquipier chez UAE Team Emirates-XRG, Tim Wellens, a révélé que Pogačar s’était rendu à l’hôpital ce soir-là à cause de douleurs au genou, et que l’équipe avait même craint qu’il doive abandonner la course. Il est remarquable qu’une telle information n’ait pas filtré plus tôt, compte tenu du monde hyperconnecté dans lequel nous vivons — mais, en un sens, j’aime ce mystère, cette part d’intrigue.














