La domination de Tadej Pogačar n’a pas seulement remodelé le peloton moderne, elle a aussi apporté une forme de clarté et d’équilibre à ce qui pourrait autrement ressembler à une constellation ingérable de talents au sein de l’UAE Team Emirates–XRG. Selon le coureur danois 🇩🇰 Julius Johansen, la présence de la superstar slovène constitue un point de référence essentiel à l’intérieur de l’équipe — un repère qui transforme un groupe de leaders ambitieux en une unité cohérente et efficace.

UAE Team Emirates est largement considérée comme une superteam, riche en prétendants aux Grands Tours, vainqueurs de Classiques et jeunes talents prometteurs. Sur le papier, une telle profondeur peut être une arme à double tranchant. Plusieurs coureurs arrivent avec des ambitions personnelles, un palmarès solide et la conviction qu’ils pourraient être leaders ailleurs. Johansen estime que le niveau exceptionnel de Pogačar dissipe presque instantanément toute tension potentielle. Lorsqu’un coureur démontre à répétition qu’il est le plus fort dans les plus grandes courses, les rôles se définissent naturellement.
Tout le monde sait où il se situe quand Tadej est au départ, a expliqué Johansen lors d’interviews. Le palmarès de Pogačar titres du Tour de France, victoires sur les Monuments et domination des courses à étapes d’une semaine parle plus fort que n’importe quelle réunion interne. Pour les coéquipiers, nul besoin de manœuvres politiques ou de rivalités silencieuses pour le leadership. La hiérarchie se gagne sur la route, et Pogačar l’a conquise de manière incontestable.
Johansen, lui-même ancien champion du monde espoirs (U23), souligne que cette clarté est libératrice plutôt que restrictive. Les coureurs peuvent se concentrer pleinement sur l’exécution de leur rôle, sans se soucier d’ambitions qui se chevauchent. Les grimpeurs savent quand imposer le rythme en montagne, les spécialistes des classiques comprennent quand courir pour eux-mêmes et quand se mettre au service de l’équipe, et les équipiers s’engagent dans leur mission avec conviction. Dans cet environnement, le sacrifice a du sens, car il est mis au service d’un coureur qui transforme régulièrement le soutien collectif en victoires.
Surtout, la domination de Pogačar ne s’exprime pas sous la forme d’un leadership autoritaire. Johansen met en avant l’ouverture et l’enthousiasme du Slovène comme des éléments tout aussi déterminants. Pogačar implique ses coéquipiers dans le processus, écoute leurs idées et partage volontiers le mérite. Cette combinaison — une force écrasante alliée à une attitude accessible — renforce l’unité plutôt que de susciter de la frustration. Les coureurs se sentent valorisés, même lorsqu’ils travaillent au service d’un leader clairement établi.
Johansen souligne également que la présence de Pogačar crée de l’espace pour la progression des autres. Le fait de savoir que le leadership sur les Grands Tours est défini permet aux jeunes talents de viser des courses et des étapes spécifiques sans le poids d’une rivalité interne. Les jeunes coureurs d’UAE peuvent se développer avec patience, tandis que les cadres sont libres de viser des victoires sur les épreuves où Pogačar n’est pas engagé. Le calendrier de l’équipe devient plus stratégique et moins chaotique.
Aux yeux de Johansen, c’est là le paradoxe d’un véritable champion : en étant aussi dominant, Pogačar simplifie en réalité la vie de tous ceux qui l’entourent. Loin d’éclipser ses coéquipiers, il leur apporte direction et sens. Chez UAE Team Emirates–XRG, la superteam fonctionne non pas malgré l’abondance de talents, mais parce que le génie d’un seul coureur y met de l’ordre.














