Tadej Pogačar peut sembler dominer les Classiques de printemps, mais au sein du peloton subsiste une confiance discrète : même la figure la plus écrasante du cyclisme n’est pas intouchable. Cette conviction est partagée par le nouveau leader de Groupama-FDJ pour les Classiques, qui affirme que la formation française possède à la fois la profondeur et l’ambition nécessaires pour jouer les premiers rôles lorsque les monuments pavés et les côtes ardennaises entreront en scène.

Les performances récentes de Pogačar ont redéfini les attentes dans tout le peloton. Sa capacité à gagner sur presque tous les terrains des hautes montagnes aux courses d’un jour a contraint ses rivaux à repenser leur approche des grandes dates du calendrier. Pourtant, selon le fer de lance émergent de Groupama-FDJ pour les Classiques, l’éclat du Slovène ne signifie pas que les courses sont décidées avant même le départ.
Pogačar reste humain, a-t-il déclaré. Il aura encore des moments plus difficiles. Personne ne peut être au sommet de sa forme en permanence, surtout sur un printemps aussi long et intense. » Un constat qui ne relève pas de l’irrespect, mais du réalisme. Les Classiques de printemps sont réputées impitoyables, façonnées par les chutes, les crevaisons, la météo et le chaos tactique autant d’éléments capables de neutraliser même le coureur le plus fort sur le papier.
Pour Groupama-FDJ, cette imprévisibilité représente une opportunité plutôt qu’une menace. Longtemps identifiée à ses ambitions de classement général et à ses coureurs de grands tours, l’équipe a progressivement reconstruit son effectif pour les courses d’un jour, en mettant l’accent sur les pavés et les arrivées explosives de l’E3 Saxo Classic, du Tour des Flandres, de Paris-Roubaix et du triptyque ardennais. Le résultat : une formation qui se sent prête à animer les courses plutôt qu’à simplement y survivre.
Nous ne venons pas pour suivre, a expliqué le leader. Nous voulons courir de manière agressive, provoquer des situations. Si vous ne faites que réagir à des coureurs comme Pogačar ou Van der Poel, vous avez déjà perdu. Cette approche proactive illustre un changement plus large de philosophie au sein de l’équipe française, qui mise désormais davantage sur la force collective, le placement et la flexibilité tactique.
Surtout, Groupama-FDJ ne repose plus sur une seule carte. Avec plusieurs coureurs capables d’aller loin dans le final, l’équipe estime pouvoir exploiter les moments d’hésitation parmi les favoris. « Si un coureur est surveillé, un autre peut attaquer, a-t-il ajouté. C’est comme ça que l’on crée le doute et le doute est la seule façon de battre des champions comme lui. »
Le coureur a également souligné la densité exceptionnelle de talent dans le peloton moderne. Si Pogačar monopolise l’attention, des rivaux comme Mathieu van der Poel, Wout van Aert et une liste grandissante de prétendants émergents garantissent qu’aucune course ne se déroule dans un vide concurrentiel. « Quand tout le monde regarde un seul coureur, cela ouvre des portes pour les autres », a-t-il conclu.
À l’approche du printemps, l’ambition de Groupama-FDJ est limpide : les podiums ne suffisent plus. L’équipe est convaincue qu’avec les bonnes conditions, une exécution parfaite et un soupçon de chance, des victoires de prestige sont à portée de main. Pogačar demeure la référence, mais dans le tumulte des Classiques, même les plus grands peuvent vaciller et Groupama-FDJ compte bien être au rendez-vous le moment venu.














