Le cyclisme devient plus rapide. Ce n’est pas seulement le bruit de fond constant des retransmissions modernes – c’est la réalité omniprésente. Les vitesses sur le plat augmentent depuis des années, avec des courses remportées à des moyennes toujours plus élevées presque à chaque édition. Le moteur principal de cette tendance est la révolution aérodynamique du sport. Mais lorsque la route s’élève, ces évolutions se sont fait sentir plus lentement. Après les années 1990 et début 2000 « améliorées », les temps d’ascension avaient chuté, puis stagné. Aujourd’hui, ils repartent fortement à la hausse.

De nombreuses raisons expliquent pourquoi les coureurs grimpent plus vite que jamais. Le matériel est meilleur, la gestion de l’effort plus intelligente, et la nutrition est désormais si précise que les coureurs abordent la dernière ascension avec un niveau de charge glucidique autrefois inimaginable. Et l’entraînement repose désormais sur la modélisation, la simulation et une compréhension intime de la physiologie nécessaire pour gagner les plus grandes courses du monde.
Le résultat ? Des records d’ascension qui tenaient depuis des décennies sont renversés. Tadej Pogačar est le visage de cette nouvelle ère, mais il n’est pas seul. Au Tour de France 2024, Pogačar, Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel ont tous gravi le Plateau de Beille plus rapidement que le record de Marco Pantani en 1998.
Le record du Plateau de Beille tenait depuis l’ascension de Pantani en 1998.
Une nouvelle analyse publiée dans le Journal of Science and Cycling par Ole Kristian Berg, professeur de sciences de la santé et sociales à l’Université de Molde en Norvège, tente de faire plus qu’estimer les watts de Pogačar : elle cherche à décrypter mathématiquement la physiologie requise pour produire ses ascensions les plus rapides du Tour de France. En utilisant les données des montées, les estimations du poids du coureur et du vélo, ainsi que des modèles mécaniques validés, l’étude reconstitue la puissance et les contraintes physiologiques derrière six des ascensions les plus rapides de Pogačar sur les Tours 2024 et 2025. Mais que peut réellement nous dire ce type de modélisation ?
Pour quantifier la vitesse à laquelle Pogačar grimpe, le rapport a examiné six de ses ascensions les plus décisives lors des Tours 2024 et 2025














